Avant les indépendances il existait
au Soudan Français des juridictions d’instance
et même une Cour d’Appel.
Auprès de la Cour d’Appel étaient
nommés des « avocats défenseurs
» selon des critères propres à l’administration
coloniale ce qui explique leur nombre restreint. Bien
entendu les Avocats défenseurs étaient
tous de nationalité Française, qu’ils
soient Français de la métropole, des Antilles
ou des colonies.
Au seuil des années 1960 il pouvait être
dénombré moins d’une dizaine d’avocats.
Ce sont ces avocats qui ont constitué si l’on
peut dire un embryon de barreau à l’avènement
de l’indépendance. Ils étaient sans
structure précise, sans bâtonnier ni conseil
de l’ordre et défendaient la plupart du
temps des clients non indigènes. A ces avocats
il faut ajouter les « agents d’affaires
» qui agissaient souvent en vertu d’un mandat
et principalement dans les affaires indigènes.
Dix ans plus tard, devant le départ ou le décès
de plusieurs avocats, force était de constater
que les représentants de la profession étaient
en nombre très insuffisant par rapport au volume
des affaires traitées par les tribunaux. Avoir
un avocat était à cette époque
un privilège pour le justiciable.
C’est dans ce conteste qu’intervint l’ordonnance
n°43 CMLN du 30 Décembre 1971 portant institution
d’un barreau auprès de la Cour Suprême
et de la Cour d’Appel du Mali (J.O 1971- P 675).
Il s’agissait déjà à l’époque
d’un barreau unique ayant compétence sur
toute l’étendue du territoire. Ce texte
malheureusement consacrait la main mise de l’état
sur le barreau, notamment par la nomination des Avocats
par décret pris en conseil des ministres, la
possibilité pour tout magistrat (y compris ceux
à la retraite) d’être nommé
comme avocat, l’obligation de déposer une
caution de 500. 000 F CFA. Bien entendu dans ces conditions,
c’est le procureur Général près
la Cour d’Appel qui a été chargé
de dresser un « tableau initial » lui-même
définitivement arrêté en conseil
des ministres.
Notre barreau s’étoffa alors de vagues
successives de magistrats à la retraite pour
atteindre une quinzaine de membres.
Dans les années 1980 un nouveau statut du barreau
est pris (loi n°88-43/AN-RM du 28 mars 1988) privilégiant
toujours la nomination par décret pris en conseil
des ministres mais limitant cette fois-ci l’accès
à la profession par les magistrats (option entre
la 10è et la 13è année). En outre
la loi 88-43 prévoit expressément la création
d’un ordre des avocats organisé en barreau
et administré par un conseil de l’ordre
qui publie chaque année un tableau.
C’est également en 1980 que les premiers
stagiaires maliens prêtèrent serment au
barreau du Mali.
En 1994 la loi N°94-042 portant création
et organisation de la profession d’avocat est
promulguée.
C’est avec cette loi qui crée une nouvelle
profession d’avocat réunissant Avocats
et conseils juridiques que le barreau acquiert véritablement
son indépendance et devient maître de son
tableau. L’accès à la profession
relève désormais du seul ressort du barreau
et de ses instances dirigeantes. Il en est de même
pour la discipline.
Aujourd’hui, après les événements
du 26 mars 1991 et l’avènement d’un
régime multipartite, pour lesquels le barreau
du Mali a joué un rôle prépondérant,
le tableau de l’ordre compte plus de deux cents
avocats représentés par un conseil de
l’ordre de 25 membres lui-même présidé
par un bâtonnier élu pour trois ans.
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